Livre policier

REQUIEM POUR MONET

 SYNOPSIS DU DEBUT

Quand Le Dragon entre dans la salle de réunion de la CIA, une dizaine de technocrates n’en croient pas leurs yeux : Le Dragon, l’élite des agents secrets, est une femme. Une femme à la beauté hypnotique, juchée sur des escarpins vertigineux, avec des yeux de chats bleus légèrement bridés, des cheveux comme du velours noir et un humour fracassant.

La CIA vient de la négocier à prix d’or à son pendant européen.

George Turner, grand patron des services secrets américains et misogyne notoire se considère floué dans sa transaction et ne décolère pas. Il décide de la mettre sur une affaire mineure baptisée « Bleu Cobalt ». Le Dragon sert des dents et compte bien faire ses preuves, même sur cette affaire secondaire qui touche au monde de l’art : Le Soleil et le Nénuphar, œuvre majeure de Monet portée disparue depuis 1938, ressurgit mystérieusement sur le marché. Mais, fait encore plus étonnant, l’oeuvre réapparaît concomitamment chez Sotheby’s et chez Christie’s, les deux plus grosses maisons de vente. L’un des deux Monet est forcément un faux. L’expert de Christie’s est retrouvé assassiné et tout indique qu’il a été exécuté par un professionnel étranger commandité par des réseaux très influents infiltrés aux Etats-Unis. Cette enquête, qui paraît presque banale, va pourtant plonger Le Dragon dans les coulisses de l’art. Et derrière ce monde chic et policé, se cache une sphère opaque où règnent argent et machiavélisme.

C’est par ce début d’intrigue que va débuter l’enquête du Dragon, de son vrai nom Saskia Angelovski. Mais pour réussir sa mission, elle devra tout d’abord solliciter l’aide d’Oscar Levinspuhl, le plus grand copiste contemporain. Ensemble, ils arrivent à la même conclusion : aucune des deux œuvres mises à la vente n’est authentique. Mais alors où se cache le véritable tableau Le Soleil et le Nénuphar ?

Le Dragon n’a pas le temps de se poser la question, un tueur est déjà à ses trousses. Les cadavres liés à l’affaire pleuvent et Le Dragon doit faire vite. Il lui faut remonter la piste des faux Monet avant le tueur. Après avoir déterminé l’identité des propriétaires des faux tableaux, rétractés derrière des sociétés écrans, Le Dragon part rencontrer le premier vendeur au Japon, Kenta Yamagushi-Gumi, qui n’est autre que le chef du clan Yakusa éponyme. Sous l’identité d’Arabella Johnes, journaliste du Time, elle enquête, et ses soupçons sont vite confirmés : les mafias blanchissent leur argent sale en achetant et vendant des œuvres d’art.

 AU CŒUR DU LIVRE : SCENE D’ACTION

Le Dragon observa une dernière fois la photo de Kumiko, son agent de liaison au Japon envoyée par la CIA sur son smartphone.

Incroyable ! C’est un vrai personnage de Manga ! pensa la jeune femme brune.

Sur la photo, la jeune japonaise portait des tatouages sur tout le haut du corps, et des cheveux rouges coiffés en couettes. Elle avait rendez-vous avec elle dans un salon de thé du vieux quartier de Kyoto. Le Dragon se retourna une dernière fois. Elle sentit une présence, mais ne décela rien. Elle attendit encore un moment dans un renfoncement sombre de la ruelle avant de pénétrer dans le salon de thé. L’alcôve où l’attendait son contact se situait près des cuisines, afin de pouvoir s’échapper facilement en cas d’urgence. Au moment où l’espionne aperçut Kumiko assise, un détail l’interpella et elle se figea. Pas même un clignement d’œil n’animait l’agent de liaison, immobile comme un mannequin de cire assis à la table de l’alcôve. Le piège se confirmait. Elle recula et sortit son Walther P99 déjà muni d’un silencieux puis ses doigts pianotèrent le numéro de l’agent. Le téléphone de Kumiko sonna. Une personne s’avança en ombre chinoise dans l’alcôve pour voir qui appelait sur le cellulaire. Le Dragon avait vu juste. Au même moment, la tête de Kumiko bascula en arrière, inerte. Sans attendre, l’espionne fit marche arrière pour fuir mais une horde de japonais envahirent l’entrée du salon de thé en criant aux employés « La fille occidentale ! Où est la fille occidentale !». Elle était recherchée.

ça y est, pensa-t-elle, ma dernière heure est arrivée.

Kenta Yamagushi-Gumi, le chef des Yakuza, devait avoir découvert sa véritable identité. Le tueur surgit de l’alcôve à ce moment là. Le Dragon le repoussa de toutes ses forces et se jeta dans une course effrénée vers les cuisines, bousculant serveurs, clients et cuisiniers. Elle était cernée. Elle se rua vers le fond, à travers les vapeurs des cuisines, la mort aux trousses.

« La porte ! la porte ! », criait-elle en japonais, cherchant désespérément à ce qu’on lui montre la sortie.

Elle traversa la cour et se retrouva emprisonnée face à 4 murs. Un cadenas bloquait la seule issue possible. Pas le temps de demander à ce qu’on lui ouvre. Elle sauta par-dessus le mur qui sembla la seule échappatoire possible et se retrouva dans la plonge du restaurant d’à côté. Les plongeurs furieux l’arrosèrent d’eau très chaude. Puis une douleur effroyable l’atteint à son bras gauche en même temps qu’un jet de sang se répandit sur la surface du mur face à elle. Le couteau qui venait de l’érafler venait de finir sa trajectoire dans l’un des plongeurs qui tomba au sol. La douleur la fit trébucher. Le tueur était déjà derrière elle. Elle l’avait reconnu en le repoussant quelques secondes plus tôt. Il s’agissait bien du professionnel qui avait éliminé Oscar Levinspuhl. Elle se retourna pour lui faire face et combattre, mais ne put se relever, un coup de pied sur le torse la plaqua au sol. Le tueur était immense, carré, avec une balafre sur la joue. Toujours un couteau à la main, il leva le bras pour l’achever mais il entendit les nippons se rapprocher et hurler : « La fille ! La fille ! ». Devant choisir entre sa propre vie ou celle du Dragon, le tueur s’échappa. Elle n’eut pas le temps de bouger d’un centimètre, le groupe de japonais était déjà là et s’abattit à pas lents sur elle. Les miracles n’existaient que dans la Bible. Un des hommes se détacha alors du groupe et s’avança jusqu’à elle. Il était vêtu d’un long manteau traditionnel japonais, devait mesurer plus d’un mètre quatre vingt dix avec des cheveux d’ébène tombant jusqu’aux fesses. Son visage affichait une implacable froideur. Les plongeurs le reconnurent instantanément, et pris de panique, s’enfuirent en criant « Sortez ! Vite, sortez !». L’homme inquiétant fixa l’espionne, silencieux. Pas une personne du groupe ne cillait. Tous attendaient son signal.

―  Alors l’iceberg, tu attends quoi ?, prononça Le Dragon en japonais, pour briser la glace. Elle était trempée de la tête aux pieds et haletait. Elle comprit qu’elle vivait ses dernières secondes de vie. On ne trahissait pas les yakuza. Sa tête allait certainement être tranchée par un sabre. Alors autant en finir au plus vite.

―  Mon frère avait raison de vous faire suivre, ricana le grand nippon dans un anglais parfait.

Il poursuivit, ironique :

― On dirait que vous avez des ennuis, Mademoiselle Johnes…

Mais qui était son frère ?

― Je suis Seijo Yamagushi-Gumi….

Le Dragon ne répondit rien, mais comprit qu’il appartenait bien aux Yakuza et que son frère n’était autre que Kenta Yamagushi-Gumi qu’elle avait trahi.

― Et mon frère m’a chargé de votre protection, acheva-t-il.

Il lui tendit alors la main avec un large sourire qui métamorphosa son visage. Le Dragon sentit 10 tonnes tomber de ses épaules. La mort n’était pas passée loin.

― On peut dire que vous tombez à pique Seijo !

Le nippon la releva avec délicatesse.

―  J’arrive au bon moment il semblerait en effet, dit-il, en regardant le bras de la jeune femme d’où perlait du sang.

― Vous ne pouviez pas tomber mieux !

Le grand nippon prononça quelques mots sèchement et deux membres de sa suite apportèrent des serviettes et commencèrent à la sécher. Puis l’un deux ôta sa longue veste et en recouvrit les épaules du Dragon.

A ce moment précis, elle aurait donné n’importe quoi pour une bonne tasse de thé chaud.

 FIN DE L’HISTOIRE

Si la piste des Yakuza n’a pas permis de remonter jusqu’au vrai Monet, celle du deuxième vendeur (celui de Christie’s) en revanche va porter ses fruits. Parti pour Monaco dans la peau d’une spécialiste des œuvres impressionnistes, Le Dragon, s’immisce dans la vie du russe Dimitri Borodine, collectionneur mystérieux et inaccessible, isolé sur son yacht, propriétaire du deuxième faux Monet. Après avoir découvert qui était vraiment cet homme dangereux et avoir été tentée à l’idée de le supprimer, Le Dragon parvient à lui soutirer l’emplacement du vrai Monet qui n’est plus qu’à quelques heures de là, en Suisse, où l’espionne découvre enfin la vérité et qui veut la tuer : des réseaux de descendants de nazis, savamment organisés, ouvrent enfin, en Suisse, les coffres anonymes, à numéros, qui avaient appartenu à de riches juifs européens avant la deuxième guerre mondiale. Mais les œuvres ne sortent pas des coffres. Elles sont copiées et vendues officieusement en faisant croire aux acquéreurs qu’ils achètent les originaux, alors que ces derniers restent précieusement enfermés. Le Dragon ne parvient pas à subtiliser les 12 clés des coffres existants à sa connaissance, mais identifie les descendants des nazis, dont certains vivent au Brésil et aux Etats Unis. Elle prévient la CIA qui se mettra en contact avec Interpole. Les familles de descendants nazis interpelées feront la une des journaux télévisés du monde entier et les coffres seront enfin ouverts. Les œuvres ne seront pas restituées à leurs propriétaires car il sera impossible de remonter jusqu’à eux, mais les musées se porteront acquéreurs et les œuvres seront enfin exposées au public.